Budget Région Ile de France 2018 : intervention sur le développement économique

En direct de la région Ile de France  — plénière du conseil régional — à 22h30 — 😉

Il n’est jamais évident de prendre un train en marche et je vous sais gré d’avoir très rapidement et effectivement pris vos fonctions, Mme la Vice-présidente. Sachant cela je voudrais formuler des remarques sur la politique de votre exécutif et de votre majorité quant aux affaires économiques de la région Ile de France.

Notre première remarque est notre difficulté à nous situer dans la démarche générale. Aujourd’hui nous constatons vos efforts d’optimisation budgétaire, mais nous ne voyons pas quel dessin politique elle sert. Quelle est la vision de votre majorité pour le développement économique ? S’agit-il de la Smart région ? si oui, en quoi s’incarne-t-elle ? Ou d’autre chose ? c’est une question essentielle, car nous sommes déjà au tiers de notre mandat et bientôt à la moitié.

Nous affirmons qu’il y a plusieurs priorités à valoriser :

– Miser sur la jeunesse, en particulier celle issue des territoires en difficulté

– Miser sur l’innovation industrielle écologique et sociale en récompensant les

projets structurants, positionnant l’Ile de France sur les projets de demain.

 

Face à cela, nous ne voyons ni grand projet d’investissement ni programme structurant sur le plan économique en Ile de France. Il nous paraît essentiel de positionner la région là-dessus, car n’oublions pas que dans notre rôle de soutien au développement économique nous avons pour vocation de structurer les filières et d’avoir une démarche résolument anticipatrice. Au contraire, on a plutôt le sentiment d’une attrition de l’engagement régional, certes marqué par le retrait de l’Etat, mais qui ne devrait pas nous empêcher d’agir : -30% en Investissement, – 19% en fonctionnement.

 

Au plan qualitatif, pour compléter mon propos : nous sommes en reste dans de nombreux secteurs et ne voyons pas de réelle rupture avec le passé. Le risque existe de chercher simplement à mieux gérer les affaires régionales – avec un succès qu’il faudra démontrer — sans y apporter de renouveau. Or nous avons constaté, sur le tourisme, sur la formation professionnelle, et sur les aides aux entreprises, par exemple, que nous devions chercher à améliorer le contenu des politiques et leur effet sur le terrain.

 

A ce sujet : Madame la Présidente et le Monsieur le Vice-président Chartier avaient, en début de mandat, annoncé en grande pompe que vous refondiez les dispositifs d’aides aux entreprises que nous avons coutume de résumer peu joliment sous le suffixe « Up ». On ne remarque pas de dynamique particulière à ses dispositifs dont les crédits diminuent et dont les crédits votés peinent à être tout à fait distribués d’année en année. Surtout, nous pensons que le rôle structurant de telles aides doit être renforcé. Vous avez supprimé la critérisation qui existait auparavant. Nous en prenons acte ; et c’est pour faire différemment que notre groupe a proposé dans nos amendements un nouvelle rénovation des aides aux entreprises en y incluant l’innovation écologique et l’innovation sociale. Nous proposons en effet de créer un volet GREENUP et SOCIAL’UP, pour rester dans les néologismes régionaux, visant à récompenser des procédés innovants de fabrication, production et de services inscrits dans l’économie verte, l’économie des ressources et la transition énergétique. D’ailleurs notre collègue Madame Lime-Biffe a porté ici même une démarche d’évaluation des dispositifs d’aides UP.

 

C’est une démarche de stimulation délibérée que nous souhaitons appuyer et je suis sûr que votre majorité saura attraper la balle au bond.

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Intervention sur les aides aux entreprises et sur l’écocampus du bâtiment de Vitry-sur-Seine

Intervention sur le Rapport CR 2017-101

Actions en faveur du développement économique et de la montée en gamme des qualifications.

  • Mise en œuvre du SRDEI (Schéma régional de développement économique d’internationalisation et d’innovation)
  • Règlement d’intervention TP’Up
  • Ecocampus de Vitry

 

Madame la Présidente, Monsieur le Vice-président,

(Règlement d’intervention TP’up)

Le rapport que vous nous présentez reprend toute une série d’éléments auxquels nous sommes favorables.

Nous nous félicitons de l’évolution de TP’up pour mettre l’accent sur les sociétés existantes. Il existe en effet un certain nombre de dispositifs d’aide à la création d’entreprises, mais combien qui à l’instar de TP’Up ou PM’Up permettent le déploiement, le développement d’une entreprise ?

A cet égard je pense qu’il nous faudra dans l’avenir aller plus loin au service des entreprises qui souhaitent s’implanter sur d’autres marchés européens, afin de bénéficier de débouchés commerciaux semblables à ce dont bénéficient leurs homologues aux Etats-Unis.

Sur la question du plafond des aides : nous pensons aussi qu’il ne faut pas trop les concentrer afin de continuer à allouer des aides décisives pour les PME dans leur diversité régionale.

Nous souhaitons aussi que soit maintenue la bonification écologique et numérique des dossiers.

J’ai un regret majeur : il porte sur les difficultés majeures d’application de la charte de la laïcité à ce programme. Nous avons eu une discussion surréaliste en commission où nous avons évoqué l’idée que des agents de la région aillent contrôler le respect de la charte dans les entreprises. Sans aller jusque-là, on voit bien que cela pose toute une série de difficultés pratiques, juridiques, et même sociales. On est en train de créer des difficultés là où nous aurions pu concentrer la Région sur ses réelles missions.

Sur l’Ecocampus du bâtiment de Vitry-sur-Seine

Au sujet de l’Ecocampus du bâtiment à Vitry-sur-Seine, nous savons le retard français en matière de bâtiment durable et de structuration des filières et de formation. Ce projet va donc dans le bon sens et je souhaite que l’offre de qualifications s’y enrichisse.

Nous avons aussi à rapprocher les jeunes quelle que soit leur filière, et les offres pédagogiques. J’ai bien noté qu’on pourra s’y former jusqu’au niveau ingénieur. Pourquoi ne pas associer à cet écocampus ParisTech, les écoles d’ingénieurs, d’architectes, et bien sûr l’université ?

Cela aiderait les concepts et start-up de la construction écologique de demain. J’espère aussi que les organismes comme le CSTB ou l’OQAI ou encore les associations professionnelles du bâtiment seront pleinement associés.

 

Enfin ce projet pourrait faire l’objet d’une coopération avec l’Allemagne. Les régions allemandes gèrent la formation professionnelle et ont une belle avance en matière de qualité écologique du bâtiment. Pourquoi ne pas permettre aux jeunes apprentis d’Ile de France d’aller se former Outre-Rhin ou vice-versa ? Cela favoriserait une future mobilité professionnelle pour tous ceux qui pourront le souhaiter et l’échange de savoir-faire.

Conseil régional : Intervention sur les Campus des métiers et qualifications

Intervention sur les Campus des métiers et qualifications –

Rapport CR 2017—102

 

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Il s’agit de la création de campus des métiers autour de l’automobile (Mantes-la-Jolie), du tourisme (Val d’Europe), de l’aéroportuaire (Tremblay)…

Ces campus associeront à une offre de formation professionnelle les professionnels, les universités, la recherche… Ils sont situés dans des pôles industriels et économiques.

 

*      *      *

 

Madame la Présidente, Madame la Déléguée spéciale,

 

Nous avons entre vos mains, dans nos compétences régionales, une mine d’or. Cette mine c’est la formation professionnelle. Parfois aride, et moins rutilante qu’un nouveau parc d’attraction ou qu’un nouveau centre commercial, elle ouvre néanmoins des perspectives de création d’emploi et de résilience économique bien plus importantes.

 

C’est pourquoi nous prenons très au sérieux ce projet de création de campus des métiers et des qualifications.

 

Nous pensons d’abord que les spécialités de ces campus doivent évoluer vers une meilleure prise en compte des métiers de demain, en particulier dans la transition écologique et le numérique. Nous souhaitons que la région, dans son rôle prospectif, accompagne les formations pour tenir compte de ces enjeux. N’oublions pas que nous formons des jeunes pour l’avenir : un jeune de vingt ans diplômé en 2018 sera probablement encore en activité en 2058 ! D’ailleurs, si nous ne connaissons pas la totalité des métiers de l’avenir, nous en connaissons dans l’économie verte et le digital et nous pensons qu’il faut miser dessus !

 

Ma seconde remarque porte sur les univers pédagogiques. Nous devons rapprocher les mondes de la formation initiale entre eux et avec la formation continue. C’est notre mission : briser les solitudes, rompre les cloisonnements sociaux et éducatifs. Nous connaissons les difficultés statutaires et pratiques qu’il y a à rapprocher, par exemple, l’université de la formation professionnelle.

 

Mais nous savons aussi à quel point la France a besoin de cette convergence. C’est aussi à travers elle, et à travers la mixité des formations – professionnelle et générale –, que les jeunes de demain pourront s’adapter face aux mutations du marché du travail.

 

Allons plus loin !

 

 

C’est pourquoi nous avons déposé un amendement visant à rapprocher les mondes de la formation. Il est volontairement concis et général. J’espère que vous pourrez y adhérer et que nous pourrons œuvrer à cette mission essentielle, en étoffant ce projet d’un volet humain et pédagogique en travaillant avec la communauté pédagogique.

Nous attendons aussi davantage de garanties sur la continuité effective des parcours pédagogiques de l’avant à l’après Bac et entre l’apprentissage et les qualifications d’enseignement supérieur.

 

Une dernière chose : construisons des campus écoresponsables !