Appel à voter Macron, et à répondre à son appel

Bonjour à tous, et toutes,

J’ai co-initié et signé cet appel : http://www.huffingtonpost.fr/aline-archimbaud/ecologistes-nous-voterons-macron-mais-veillerons-a-ce-que-la-tr_a_22069095/?utm_hp_ref=fr-politique

Je reproduis ici le texte…

Amicalement,

Frédéric.

 

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Nous appartenons à la grande famille de l’écologie politique. Nous sommes des militants, des cadres, des élus; nous nous sommes réunis pour analyser les résultats du premier tour des présidentielles et formuler une proposition pour l’avenir.

Certains d’entre nous ont voté Benoît Hamon au premier tour, d’autres Emmanuel Macron, étant parfois engagés dans ces dynamiques bien avant le premier tour.

Ensemble nous nous félicitons du bon taux de participation à ces élections, qui témoignent de l’attachement de nos concitoyens à l’exercice démocratique, malgré la menace terroriste et le discrédit que les affaires ont jeté sur la classe politique.

Ensemble, nous actons l’élimination du candidat de la droite dure, porteur d’un projet de régression sociale.

Ensemble, nous nous inquiétons de la qualification de la candidate du Front National et du discours de haine et d’exclusion qu’elle porte.

Aussi pour nous, au second tour, comme pour tous les républicains, démocrates et humanistes, il n’y a qu’un seul choix possible: voter Emmanuel Macron. Nous déplorons d’ailleurs le résultat de la consultation effectuée par la France Insoumise auprès de ses militants, s’exprimant aux 2/3 pour le vote blanc, nul ou l’abstention et nous appelons encore avec insistance Jean-Luc Mélenchon, son mouvement, et l’ensemble des électeurs de celui-ci à faire un choix responsable.

Notre vote est donc acquis. Pour autant, nous n’entendons, ni nous rallier sans conditions à un projet qui, sur certains points, reste largement en-deçà des exigences de la situation politique, sociale et écologique de notre pays; ni camper par principe dans une posture d’opposition de gauche au futur président; ni spéculer sur des schémas de recomposition, encore bien aléatoires, qui souvent écartent autant de personnes qu’elles n’en rassemblent.

Il s’agit, au-delà d’un vote contre la candidate de l’extrême droite, de réunir les conditions permettant de dissiper les doutes et les inquiétudes des habitants de notre pays qui n’ont plus confiance, qui sont en colère. Il s’agit de répondre aux enjeux du monde dans lequel nous sommes appelés à vivre. Il s’agit de voter pour.

Pour la plupart d’entre nous, l’offre politique que propose Emmanuel Macron répond à des préoccupations importantes : respect des libertés, rénovation de la vie politique, engagement européen, politique de paix et de développement en Afrique, soutien à l’innovation et à la formation tout au long de la vie…

D’autres, et parfois les mêmes, restent réservés ou critiques sur certains aspects de son programme, qui doit être renforcé sur les questions écologiques et mieux prendre en compte les idées originales et novatrices portées par Benoît Hamon.

La question de la transition écologique sera cruciale dans le prochain quinquennat. Emmanuel Macron l’a abordée; il a obtenu sur cette base le soutien de certains écologistes. Mais il faut aller au-delà des positions de principe -sur la priorité aux énergies renouvelables, sur une agriculture durable et une alimentation saine, sur l’attention portée à la biodiversité, sur une politique volontariste en matière de transports. Et dire quelles mesures, concrètement, devront être prises et financées, assumer que certains projets hérités du vieux monde productiviste devront être abandonnés, au profit d’autres plus utiles.

Nous vivons en parallèle plusieurs crises qui se nourrissent les unes les autres. Crises démocratique, écologique, économique et sociale. Perte des repères qui fondent la nécessaire solidarité entre populations urbaines, périurbaines et rurales, entre habitants des pays « riches » et ceux des pays pauvres. Depuis des années, on tergiverse. Il y a tout simplement urgence à agir.

Sur ces bases, nous répondons à l’appel au rassemblement lancé par Emmanuel Macron au soir du 1er tour. L’écologie de projets, de réalisations que nous incarnons peut en être sans se trahir. Nous sommes prêts au dialogue.

Signataires:

Eric Alauzet, Député du Doubs; Mireille Alphonse, Vice-présidente, Etabliss. public territorial. Est Ensemble, conseillère municipale de Montreuil; Antoine Astruc; Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine Saint Denis; Frédéric Benhaim, Conseiller régional d’Ile de France, conseiller du 13e arrondissement de Paris; Jean Bernard; Vincent Boquet; Andrée Buchmann, Conseillère municipale de Schiltigheim; Marianne Boulc’h; Pierre Bouquet; Thibaut Bragé; Frédéric Brun; Patrick Chaimovitch, Conseiller municipal de Colombes; Gérard Chausset, Maire adjoint de Mérignac; Rayane Chawaf; Bernard De Veylder; Sophie Deffarge; Marie-Pascale Deluen; Arnaud Dussud; David Drui; Patrick Franjou; David Gréau, Adjoint à la Maire du 12e Paris; Patrick Franjou; Stanislas Hubert; Jean-Claude Jacques; Bernard Jomier, Maire-Adjoint de Paris; Samia Kasmi, Conseillere régionale d’Ile de France, Conseillère municipale de Nanterre; Abidin Krasniqi; Nathalie Laville, Maire adjointe du 13e arr. de Paris; Laurent Lanquer; Julien Lecaille, élu local, Hellemmes; Renaud Martin, Maire adjoint de Paris; Halima Menhoudj, Adjointe au Maire de Montreuil; Aminata Niakate, conseillère municipale de Vitry sur Seine; Jean-Marc Pasquet, Conseiller municipal de Draveil; Christian Perroteau; Michèle Poncet-Ramade; Christophe Ribet; Pierre Robine; Hélène Romanini; Christophe Rossignol, secrétaire général adjoint de l’UDE, Fabienne Roumet, Conseillère du 13e arrt., Paris; Adrien Saumier, Maire Adjoint du 13e arr. de Paris; Pierre Viénot; Serge Rivet; Virginie Valence; Dominique Voynet, ancienne ministre.

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Sky’s the limit !

Par Frédéric Benhaim, coprésident d’Entreprendre Vert.

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Interview du fondateur d’une ferme verticale, ou comment la vie et l’activité positive sont revenues au cœur d’une friche à Chicago, créant l’un des espaces agricoles urbains les plus fascinants des Etats-Unis : The Plant.

Le 12 juillet 2014, en compagnie de (et grâce à) Sabri Bendimerad, architecte, j’ai rencontré John Edel, le fondateur de la plus grande ferme verticale du MidWest et l’une des plus remarquables des Etats-Unis, John Edel. Ce portrait sera aussi publié sur le site d’Entreprendre Vert. Au cours de l’été 2014, Entreprendre Vert fera paraître des portraits d’entrepreneurs et d’entrepreneuses engagés dans l’écologie.

Produire ici : un nouvel enjeu local d’image, d’approvisionnement, et d’emploi

John Edel a le sens du collectif. Il a d’abord fondé le Sustainable Manufacturing Center. L’idée était de promouvoir et de réunir la production locale, sur laquelle John trouve la France en retard ; en effet, où est la bière locale parisienne, par exemple ? Dans cet endroit, on trouve, cinq fabricants de cadres à vélo {autrement, 90% de la production mondiale vient de Taiwan}, deux fabricants de meubles, deux fabricants de métal, une entreprise de maroquinerie spécialisée dans les sacs pour cyclistes {l’auteur signale ici sa frustration de n’avoir pu encore en voir les produits !}, et un atelier d’artistes qui emploie sept personnes. Selon ses dires, c’est une réponse locale au mouvement perpétuel de fusion et de développement congloméral. Aujourd’hui, « le statut d’une ville est liée à sa capacité locale à produire ».

Le retard français, à cet égard, ne se situe pas dans l’artisanat traditionnel qui a souvent résisté ; il se situe dans la capacité des villes et régions à se ré-emparer des processus et produits agricoles et industriels aujourd’hui dominé par le monde des grandes entreprises, et de les re-fabriquer, autrement, et chez eux. Demain sera fait de brasseries locales, de potagers urbains et de manufactures de quartier, où, nous l’espérons, nous optimiserons nos ressources et cesserons progressivement de rejeter des matières toxiques et gaspillées dans la nature. C’est une opportunité sans précédent car elle créé des emplois et offre de nouvelles connaissances pour des personnes de tout âge, qualification…

Mais revenons à John Edel. Après cette expérience, John a racheté, au cœur de la première zone d’aménagement industrielle de l’histoire des Etats-Unis (1898), un énorme bâtiment en ciment (10 000 mètres carrés plus la moitié en plus de terrain), une ancienne usine de traitement de viande de porc.  Il y a implanté une immense ferme urbaine, ou plutôt, un regroupement d’exploitations. Et tant qu’à faire, cela permet de modifier l’ « équation du déchet » en allant vers le compost et la fin du déchet entreposé dans des décharges. Le prix de la pose en décharge dans le MidWest ? 40 dollars la tonne. De quoi transférer tout le prix du traitement aux générations futures… Mais revenons à l’agriculture urbaine.

The Plant : Six fermes, un marché de producteurs et même des installations de production d’énergie !

En effet, aujourd’hui, la ferme urbaine fondée par John Edel, c’est six fermes au total. Il y a d’abord cinq fermes commerciales, aux noms évocateurs et mêmes poétiques : Urban Canopy (canopée urbaine), Skygreens, Patchwood Farms…

Plant Chicago, l’exploitation à but non lucratif est gérée directement par John, et elle emploie sept personnes et produit aussi de l’énergie sur place. La seule gestion du site emploie cinq personnes, à quoi s’ajoute la gestion du marché de producteurs que Edel et ses camarades ont fondé à proximité (ironie du sort, ils font face à un Walmart !). Ici on produit de la salade, des tomates, du poisson, des champignons, aux étages mais aussi à l’extérieur.  Une partie des personnes impliquées avait déjà cultivé chez elles en milieu urbain. La culture aquaponique de cette ferme permet d’utiliser au mieux l’eau, les déjections des poissons, les copeaux de bois et la terre pour produire des légumes qui ont du goût. Evidemment le poisson tilapia se mange aussi…

Autre chose que des lofts et des espaces d’exposition

L’enseignement principal recherché et démontré est qu’on peut trouver une vie à de grands bâtiments, qui manquent de lumière naturelle, et qui utilisent beaucoup d’espace, sans qu’on puisse y caser une énième collection de lofts ou d’espaces d’exposition. On peut en d’autres termes rendre à ces lieux leur vocation productive et y créer des emplois. A cela s’ajoute un autre intérêt : ce bâtiment est vivant. Outre les espèces plantées et élevées sur place, on y retrouve des insectes, des vers, des bactéries utiles… La condition est d’avoir un bâtiment en béton et non en bois, question de résistance à l’humidité…

A portée de nous tous

Un des faits les plus intéressants est que John Edel n’est pas agriculteur. Il a grandi à Chicago, se dit tout à fait citadin ; il est d’ailleurs spécialiste de réseaux de canalisation, ce qui a eu son importance dans ce projet mais n’aurait jamais suffi ! Alors après avoir fait l’acquisition du bâtiment (pour le moment il ne gagne pas d’argent avec ces activités), il a travaillé pendant plusieurs années avec les élèves ingénieurs de l’IIT sur le conditionnement de la bâtisse et sur la structuration du projet agro-industriel. Puis il a constitué une équipe originale brassant locaux et compétences clés. Par exemple, un des employés vient du monde des aquariums, ce qui permet de savoir gérer l’aquaculture. Il y a même des cuisines où l’on prépare du Kampucha (une boisson gazeuse biodynamique à découvrir sur les rayons de votre supermarché). C’est ici que l’on retrouve l’importance d’avoir une communauté humaine, un collectif, réunie autour du projet autour de la vision ambitieuse de quelques pionniers. Ici, elle a déclenché un cycle indéfini d’innovation, d’expérimentation, et d’invention, pour notre bénéfice à tous. Sky’s the limit !*

Frédéric Benhaim

Paris, le 12-13 juillet 2014.

L’auteur tient à remercier Sabri Bendimerad et John Edel.

* Sky’s the limit : expression américaine qui veut dire qu’il n’y a pas de limite, littéralement, que c’est…le ciel, justement.